Théâtre : les sixièmes prennent le plateau

Mercredi 29 avril, les deux classes de sixième générale ont travaillé avec Jason, comédien et metteur en scène, accompagné d’Asline, en service civique au Théâtre de l’Entonnoir de Kourou. Voix, corps, regard, confiance, imagination : pas du théâtre assis, mais du théâtre en mouvement

Mis à jour le lundi 4 mai 2026 , par FSM

Première règle : on ne marmonne pas. On envoie la voix. Le prénom doit partir, traverser la salle, atteindre le fond du plateau. Jason reprend, insiste, fait répéter. Un geste accompagne la parole. Peu à peu, les voix montent. Même les plus discrets comprennent que, sur scène, exister commence par se faire entendre.

Puis le corps prend le relais. Marcher dans l’espace sans laisser de trou, lever les yeux au signal « ciel », regarder le sol, sauter, changer de rythme, former un cercle, un carré, une ligne : tout devient exercice. Rien n’est gratuit. Il faut regarder, écouter, compter, occuper sa place. La marche rythmée, presque dansée, a d’ailleurs donné du fil à retordre : suivre les pas, bouger le corps et compter en même temps n’avait rien d’évident.

Place au jeu !
Les exercices s’enchaînent. Dans le « killer », un simple clin d’oeil suffit à tuer, mais il faut mourir sans trahir trop vite le coupable. Avec « la chaise des émotions », une même phrase change complètement selon qu’elle passe par la joie, la colère, la tristesse, la peur ou le dégoût. Ailleurs, il faut porter un objet imaginaire très lourd, nager sans eau, marcher sur des charbons ardents, ou encore se laisser tomber en arrière dans un exercice de confiance. Le théâtre oblige à croire à ce qu’on fait, sinon personne n’y adhère.
Le roi et la reine poussent l’improvisation encore plus loin : apporter la Lune, Mars, une licorne, une moto ou une chaussure, et le faire face au public, sans tourner le dos, avec le corps, la voix, l’intention. On rit beaucoup, mais l’exigence reste là. Jason ne laisse pas passer les demi-présences.

Les retours ont été très positifs. Jean-Luc a particulièrement apprécié l’exercice « sol / ciel », où il fallait réagir vite aux consignes. Noah a retenu le « killer », avec ses clins d’oeil fatals, ainsi que le roi et la reine, qui obligeaient à improviser face au public. Itamar dit avoir gagné en confiance, en voix et en posture ; Grégory y a trouvé des idées pour améliorer son jeu d’acteur. Quant à Dorinda, d’ordinaire réservée, elle a surpris tout le monde par sa puissance vocale. Ce jour-là, certains n’ont pas seulement joué : ils se sont révélés.
Texte de J.R.

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